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Global Witness met en évidence des liens entre des entreprises étrangères et la violence qui sévit au Congo

Communiqué de presse

Global Witness Jul 29, 2009
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Le rapport de Global Witness intitulé « Face à un fusil, que peut-on faire ? » décrit la façon dont des entreprises s’approvisionnent auprès de fournisseurs qui font le commerce de minerais émanant des parties belligérantes. De nombreuses zones minières de l’est de la RDC sont contrôlées par des rebelles et l’armée nationale qui se livrent à une violente exploitation de la population civile afin de conserver leur accès à de précieux minerais, dont la cassitérite (minerai d’étain), le coltan et l’or. La cassitérite et le coltan entrent notamment dans la fabrication de téléphones mobiles, d’ordinateurs et d’autres appareils électroniques.

Le rapport de 115 pages intitulé « Face à un fusil, que peut-on faire ? » décrit la façon dont des entreprises s’approvisionnent auprès de fournisseurs qui font le commerce de minerais émanant des parties belligérantes. De nombreuses zones minières de l’est de la RDC sont contrôlées par des rebelles et l’armée nationale qui se livrent à une violente exploitation de la population civile afin de conserver leur accès à de précieux minerais, dont la cassitérite (minerai d’étain), le coltan et l’or. La cassitérite et le coltan entrent notamment dans la fabrication de téléphones mobiles, d’ordinateurs et d’autres appareils électroniques.

Global Witness a adressé un courrier à 200 entreprises, et les réponses qu’a reçues l’ONG révèlent que la plupart de ces entreprises ne disposent d’aucune mesure de contrôle permettant d’empêcher
que des « minerais du conflit » n’entrent dans leur chaîne d’approvisionnement. Global Witness affirme que des gouvernements, notamment ceux du Royaume-Uni et de la Belgique, en s’abstenant
de prendre des mesures rigoureuses à l’égard des entreprises basées dans leur pays, compromettent leurs propres efforts d’aide au développement et de diplomatie visant à mettre un terme au conflit qui
sévit depuis 12 ans dans l’est de la RDC.

S’appuyant sur des enquêtes de terrain et des entretiens menés au Nord et au Sud-Kivu, le rapport révèle que bien qu’étant des adversaires, l’armée nationale congolaise et les groupes rebelles,
notamment les FDLR, coopèrent régulièrement, se partageant les territoires et parfois les butins amassés grâce à leur activité minière illégale. Le rapport prévient que l’intégration récente d’un autre groupe armé, le CNDP, à l’armée nationale facilitera la tâche des anciens rebelles désireux de prendre part eux aussi à l’exploitation des mines.

« Malgré certains développements politiques et militaires récents, notamment l’apparent rapprochement entre la RDC et le Rwanda, la violence perpétrée à l’encontre de civils non armés se
poursuit et d’innombrables vies sont perdues chaque jour. Toutes les parties belligérantes en RDC recourent systématiquement au travail forcé et à de violents actes d’extorsion dans les zones
minières », a affirmé Patrick Alley, directeur de Global Witness.

« Il ne suffit pas que les entreprises déclarent n’acheter leurs marchandises qu’à des exportateurs agréés, car elles savent pertinemment que leurs intermédiaires s’approvisionnent auprès de groupes armés. Le fait que les gouvernements n’exigent pas des entreprises qu’elles rendent des comptes, que le Burundi et le Rwanda ne limitent pas les échanges commerciaux qui passent par leurs frontières, et que les bailleurs de fonds et les diplomates ne s’attellent pas explicitement au rôle du commerce de minerais sont autant d’éléments qui contribuent à la perpétuation d’un conflit qui a entraîné la mort de millions de personnes et le déplacement de millions d’autres. »

L’une des entreprises figurant dans le rapport est la THAISARCO, le cinquième plus gros producteur d’étain au monde, qui fait partie d’AMC, géant britannique du secteur des métaux. Le principal
fournisseur de la THAISARCO, le comptoir Panju, basé au Congo, vend de la cassitérite et du coltan provenant de mines contrôlées par les FDLR. L’une des autres entreprises citées dans le rapport est
Afrimex, société de droit britannique, concernant laquelle le gouvernement britannique a déjà conclu en 2008 qu’elle portait atteinte aux Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises
multinationales pour s’être approvisionnée auprès de fournisseurs qui adressaient des paiements à un groupe rebelle. Le gouvernement britannique n’a pas encore pris de mesures concrètes sur la base
de cette information.

Global Witness demande que les mesures suivantes soient prises :

  • Les entreprises actives dans le commerce de minerais de la RDC devraient faire preuve d’une diligence raisonnable approfondie pour s’assurer qu’elles ne financent pas les parties belligérantes ;
  • La RDC et les autres gouvernements devraient empêcher les parties belligérantes d’accéder aux mines ainsi qu’aux voies commerciales internationales et aux réseaux externes ;
  • Les gouvernements des pays d’accueil devraient exiger de leurs entreprises qu’elles rendent des comptes sur leur implication dans le commerce illicite de minerais en provenance de la RDC.

Patrick Alley : « L’abolition du lien entre les minerais et la violence doit faire partie intégrante de la solution, et ne pas être un objectif à atteindre seulement une fois la paix rétablie. »

Website: http://www.globalwitness.org/fwag/
In cooperation with
Attachment Global witness - Face à un fusil, que peut-on faire.pdf (Size 3945Kb)

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